{"id":28,"date":"2024-05-24T20:34:09","date_gmt":"2024-05-24T18:34:09","guid":{"rendered":"https:\/\/sovinform.fr\/?p=28"},"modified":"2024-05-24T20:34:13","modified_gmt":"2024-05-24T18:34:13","slug":"c12s1-1942-le-groupe-de-tito-conclut-un-pacte-dalliance-militaire-directe-avec-la-wehrmacht-nazie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/2024\/05\/24\/c12s1-1942-le-groupe-de-tito-conclut-un-pacte-dalliance-militaire-directe-avec-la-wehrmacht-nazie\/","title":{"rendered":"(C12S1) 1942 : Le groupe de Tito conclut un pacte d&rsquo;alliance militaire directe avec la Wehrmacht nazie."},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous l&rsquo;avons montr\u00e9 dans un article pr\u00e9c\u00e9dent, l&rsquo;URSS a accus\u00e9 le groupe de Tito d&rsquo;avoir men\u00e9 des activit\u00e9s de renseignement pour le compte de la Gestapo pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour corroborer les all\u00e9gations sovi\u00e9tiques, la documentation sur les activit\u00e9s de la Gestapo par le groupe de Tito sera fournie \u00e0 partir de sources de s\u00e9curit\u00e9 imp\u00e9rialistes anglo-am\u00e9ricaines et allemandes ainsi que des m\u00e9moires de Djilas, en mettant l&rsquo;accent sur l&rsquo;alliance directe du groupe de Tito avec les nazis. Djilas admet qu&rsquo;il a lui-m\u00eame particip\u00e9 aux politiques de Tito.<\/p>\n\n\n\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral italien Roatta assure le commandement allemand qu&rsquo;il coop\u00e9rera dans la lutte contre les partisans :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il est toutefois int\u00e9ressant de noter que [le g\u00e9n\u00e9ral allemand Walter] Kuntze s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9concili\u00e9 avec l&rsquo;id\u00e9e de poursuivre les op\u00e9rations avant m\u00eame la lib\u00e9ration de Rogatica. L&rsquo;assurance donn\u00e9e par Roatta le 21 avril semble avoir jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif \u00e0 cet \u00e9gard, et le commandement des troupes d\u00e9ploy\u00e9es resterait d\u00e9finitivement aux mains des Allemands, m\u00eame apr\u00e8s le franchissement de la ligne de d\u00e9marcation. Contrairement \u00e0 son subordonn\u00e9 Bader, Kuntze pouvait tirer quelque chose de l&rsquo;id\u00e9e de commander des troupes italiennes au sud de la ligne de d\u00e9marcation. Il se promet notamment de pouvoir persuader les Italiens, dans leur propre sph\u00e8re d&rsquo;influence, \u00ab\u00a0de s&rsquo;engager dans une guerre plus active\u00a0\u00bb. En tout \u00e9tat de cause, il y a lieu d&rsquo;esp\u00e9rer que la coop\u00e9ration convenue \u00e0 Abbazia puisse encore d\u00e9boucher sur un r\u00e9sultat acceptable. <\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 128) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, le :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Le 2 mai, une force arm\u00e9e compos\u00e9e d&rsquo;une division allemande et de trois divisions italiennes pouvait \u00eatre dirig\u00e9e contre une zone \u00e0 peu pr\u00e8s d\u00e9limit\u00e9e par la ligne Sarajevo-Gorazde-Foca-Kalinovik. Alors que la 718e DI [i.e. Division d&rsquo;infanterie] devait avancer depuis le nord-est, la 1\u00e8re Division italienne de montagne \u00ab\u00a0Taurinense\u00a0\u00bb du nord-ouest de l&rsquo;Allemagne, arriv\u00e9e entre-temps \u00e0 Sarajevo, et la 22e DI \u00ab\u00a0Cacciatori delle Alpi\u00a0\u00bb, d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 Nevesinje en Herz\u00e9govine, arrivaient depuis le sud. Vers l&rsquo;est, la s\u00e9curisation du tron\u00e7on de la Drina entre Gorazde et Foca avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 la 5e division de montagne \u00ab\u00a0Pusteria\u00a0\u00bb. Ainsi, contrairement \u00e0 l&rsquo;attaque sur Rogatica, la \u00ab\u00a0Bader Task Force\u00a0\u00bb est finalement arriv\u00e9e \u00e0 la veille de l&rsquo;op\u00e9ration en tenaille contre la capitale du mouvement partisan. <\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 129. Citant : BA\/MA, RW 40\/26 Kampfgruppe General Bader, Befehl zur Bildung der Einschlie\u00dfungsfront (30.4.1942).) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Or, la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0Trio II\u00a0\u00bb \u2026 n&rsquo;avait m\u00eame pas un jour d&rsquo;existence\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Schmider, \u00ab\u00a0quand\u00a0\u00bb :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Contrairement \u00e0 l&rsquo;assurance donn\u00e9e par Roatta Bader le 21 avril, le colonel-g\u00e9n\u00e9ral Ugo Cavallero d\u00e9cr\u00e8te le 3 mai que les trois divisions italiennes doivent se retirer du groupe de combat et du VI italien responsable de cette zone. Le corps d&rsquo;arm\u00e9e italien (le g\u00e9n\u00e9ral Renzo Dalmazzo) doit \u00eatre subordonn\u00e9. Ce n&rsquo;est que gr\u00e2ce \u00e0 la protestation de Rintelens qu&rsquo;au moins la \u00ab\u00a0Pusteria\u00a0\u00bb, qui n&rsquo;a jamais appartenu \u00e0 la VI. AK, reste sous le commandement de Bader.<\/p>\n\n\n\n<p>La suite de l&rsquo;op\u00e9ration, malgr\u00e9 tous les efforts d\u00e9ploy\u00e9s, pr\u00e9sente des parall\u00e8les frappants avec l&rsquo;op\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente contre Rogatica. D&rsquo;une part, parce qu&rsquo;une fois de plus, aucune force ennemie importante n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 mise au combat, d&rsquo;autre part, parce qu&rsquo;en raison de l&rsquo;ouverture tardive des \u00a0\u00bb Cacciatori \u00ab\u00a0, une fois de plus, aucune barri\u00e8re sud n&rsquo;a pu \u00eatre \u00e9tablie \u00e0 temps. C&rsquo;est \u00e9galement cette br\u00e8che qui a permis \u00e0 Tito et \u00e0 son \u00e9tat-major de se d\u00e9tacher, via Zabljak, vers Pluzine, dans la r\u00e9gion frontali\u00e8re entre l&rsquo;Herz\u00e9govine et le Mont\u00e9n\u00e9gro.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 129. Citing: KTB OKW, II. 1, S. 334 (Eintrag vom 3.5.1942); BA\/MA, RH 20-12\/145, Der Deutsche General beim Hauptquartier der italienischen Wehrmacht an den Wehrmachtbefehlshaber S\u00fcdost (3.5.1942). BA\/MA, RW 40\/26 Abschlu\u00dfbericht \u00bbUnternehmen Foca\u00ab (20.5.1942).) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Luciano Viazzi, directeur de la Soci\u00e9t\u00e9 historique italienne pour l&rsquo;\u00e9tude de la Seconde Guerre mondiale, a affirm\u00e9 que.. :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>la division \u00ab\u00a0Cacciatori\u00a0\u00bb s&rsquo;approchant du sud, seul l&rsquo;ordre donn\u00e9 le 15.5. [c&rsquo;est-\u00e0-dire le 15 juin] a emp\u00each\u00e9 la mise en place de l&rsquo;op\u00e9ration \u00ab\u00a0trio\u00a0\u00bb. Cela a permis \u00e0 Tito et \u00e0 son \u00e9tat-major de s&rsquo;\u00e9chapper.<\/p>\n<cite>(\u2018L&rsquo;inutile vittoria: La tragica esperienza delle troupe italiene in Montenegro\u2019, Giacomo Scotti, Luciano Viazzi, Milan, 1989, p. 331.\u00a0Cited in: PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 129) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En d&rsquo;autres termes, les forces italiennes ont permis \u00e0 Tito et \u00e0 son \u00e9tat-major supr\u00eame de s&rsquo;\u00e9chapper du champ de bataille. En effet, Dedijer et Djilas :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>conviennent que le groupe autour de Tito lors de la retraite de Foca n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 en danger imm\u00e9diat d&rsquo;\u00eatre coup\u00e9\u2026.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 129. Citing: Wartime, Milovan Djilas, pp. 173-175. War Diaries, Vladimir Dedijer, pp. 156-175 (entries from 9.5.-20.5.1942).) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L&rsquo;agent de renseignement britannique Richard West a \u00e9crit :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>les soldats italiens, peu enclins \u00e0 s&rsquo;engager dans la lutte contre les Partisans, commencent en juillet 1942 \u00e0 se retirer du NDH vers leur territoire c\u00f4tier.<\/p>\n<cite>(Tito: and the Rise and Fall of Yugoslavia, Richard West, p. 136) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>M. Schmider ajoute :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L&rsquo;\u00e9vacuation temporaire de Konjic par la garnison italienne sur l&rsquo;itin\u00e9raire de la \u00ab\u00a0longue marche\u00a0\u00bb sugg\u00e8re au moins cette conclusion ;<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 190. Citing: BA \/ MA, RH 26-118 \/ 28 Annex 7 to 718. ID, Ia, No. 2554\/42 go.) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ainsi :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les Italiens ont commenc\u00e9 \u00e0 quitter des endroits comme Bihac, Drvar, Kalinovica, Karlovac et Petrova Gor\u2026..<\/p>\n<cite>(Tito: and the Rise and Fall of Yugoslavia, Richard West, p. 136) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ailleurs, Richard West \u00e9crit :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Bien que les partisans aient captur\u00e9 et bri\u00e8vement tenu de petites villes de montagne comme Uzice, Foca, Bihac et, plus tard, Drvar et Jaice, ils sont rarement descendus dans les villes ou dans les riches plaines qui abritaient la majeure partie des richesses et de la population du pays. Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1942, leur pr\u00e9sence n&rsquo;a pas beaucoup g\u00ean\u00e9 les forces d&rsquo;occupation de l&rsquo;Axe. Lorsque les Italiens se sont install\u00e9s dans le NDH au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et de l&rsquo;automne 1941, ce n&rsquo;\u00e9tait pas pour supprimer les partisans\u2026.<\/p>\n<cite>(Tito: and the Rise and Fall of Yugoslavia, Richard West, p. 126) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Un officier de renseignement allemand nomm\u00e9 Wilhelm Hottl a rapport\u00e9 dans ses m\u00e9moires qu&rsquo;un courrier de Tito :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>avait parcouru plusieurs fois la route entre Tito et Roatta.<\/p>\n<cite>(Use for the Rich: In the Foreign Secret Service of the Third Reich, Koblenz, Wilhelm H\u00f6ttl, 1997, p. 223. Cited in: PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 190) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les responsables nazis eux-m\u00eames ont d\u00e9clar\u00e9 que le commandant fasciste italien Roatta et Tito \u00e9taient de connivence. En effet, il y a eu des remarques :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>par certaines autorit\u00e9s allemandes en 1942, que la \u00ab\u00a0longue marche\u00a0\u00bb \u00e9tait m\u00eame bas\u00e9e sur une collusion entre Roatta et Tito\u2026.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 190) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour la deuxi\u00e8me et la troisi\u00e8me fois cons\u00e9cutive, les agents trotskistes de la Gestapo ont pu s&rsquo;\u00e9chapper du champ de bataille, alors que leurs subordonn\u00e9s, les patriotes yougoslaves, \u00e9taient martyris\u00e9s par les assassins de l&rsquo;Axe. On peut permettre aux apologistes de Tito de soutenir, autant qu&rsquo;ils le souhaitent, que la providence divine \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre, mais pour les non-superstitieux, il est clair que les Allemands nazis et les Italiens fascistes, et non les cieux, \u00e9taient du c\u00f4t\u00e9 de Tito. Comme nous l&rsquo;avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, les autorit\u00e9s allemandes nazies ont fait remarquer, \u00e0 juste titre, que la \u00ab\u00a0longue marche\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire la fuite de Tito des mains des nazis, \u00e9tait un cas de collusion entre les fascistes italiens et Tito.<\/p>\n\n\n\n<p>En an\u00e9antissant de plus en plus d&rsquo;enfants communistes et progressistes de Yougoslavie rivalisant avec le groupe de Tito, ce dernier a gagn\u00e9 encore plus d&rsquo;influence. En passant de la quantit\u00e9 \u00e0 la qualit\u00e9, l&rsquo;an\u00e9antissement de nombreux communistes et progressistes yougoslaves a permis \u00e0 la clique de Tito de consolider son influence sur un plus grand nombre de sections du Parti. Plus que jamais, l&#8217;emprise de la faction fasciste sur le Parti s&rsquo;accro\u00eet. Dans ce contexte, le groupe de Tito est all\u00e9 de l&rsquo;avant avec confiance et a trait\u00e9 les responsables militaires et du renseignement de l&rsquo;Allemagne nazie de mani\u00e8re loyale et royale, en leur exprimant son d\u00e9sir de consolider le partenariat strat\u00e9gique entre le groupe de Tito et les nazis. Dans \u00ab\u00a0un rapport complet r\u00e9dig\u00e9 pour Heinrich Himmler\u00a0\u00bb, dit Schmider, \u00ab\u00a0l&rsquo;attach\u00e9 de police allemand \u00e0 Zagreb\u00a0\u00bb a d\u00e9clar\u00e9 ce qui suit le 21 septembre 1942 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab\u00a0Le traitement loyal du quartier g\u00e9n\u00e9ral est all\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 inviter les Allemands \u00e0 d\u00e9jeuner le dimanche. La table \u00e9tait blanche et servie comme dans un h\u00f4tel de premi\u00e8re classe. La commande de nourriture \u00e9tait en cons\u00e9quence. Les d\u00e9clarations politiques du commandant en chef des partisans, Tito, m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre soulign\u00e9es. Lors d&rsquo;une conversation avec un Allemand, il a exprim\u00e9 l&rsquo;opinion que, malgr\u00e9 le terrible bain de sang actuel sur le front de l&rsquo;Est, il \u00e9tait n\u00e9cessaire de parvenir \u00e0 une entente entre l&rsquo;Allemagne et la Russie. Sinon, il y aurait le danger que l&rsquo;Angleterre et l&rsquo;Am\u00e9rique sortent \u00e0 nouveau victorieuses, et la victoire de ces r\u00e9gimes signifierait la chute et l&rsquo;asservissement des peuples travailleurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 159. Citing: PA\/AA, Inland II g 99, 1956 Der Polizeiattache in Zagreb an den Reichsf\u00fchrer SS (21.9.1942).) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Un autre rapport r\u00e9dig\u00e9 peu apr\u00e8s par l&rsquo;attach\u00e9 de police allemand fait les m\u00eames remarques :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Dans un autre rapport, r\u00e9dig\u00e9 trois jours plus tard, [\u2026] l&rsquo;attach\u00e9 de police [allemand] fait \u00e0 nouveau r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la capacit\u00e9 de n\u00e9gociation des partisans\u2026.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 159. Citing: PA\/AA, Inland II g 99, 1956 Der Polizeiattache in Zagreb an den Reichsf\u00fchrer SS (24.9.1942).) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En octobre 1942, le haut commandement nazi a fait savoir que Tito \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 servir de \u00ab\u00a0partenaire\u00a0\u00bb \u00e9conomique du Troisi\u00e8me Reich :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ainsi, surtout, la question de l&rsquo;exploitation sans entrave des ressources du pays par la puissance occupante, d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9e trois mois plus t\u00f4t, semble avoir fait l&rsquo;objet de discussions approfondies. Le 30 octobre, le commandant en chef du commandement g\u00e9n\u00e9ral note les impressions suivantes : \u00ab\u00a0Tito pense qu&rsquo;une coop\u00e9ration \u00e9conomique entre les partisans en tant que partenaires \u00e9gaux de l&rsquo;Allemagne, m\u00eame dans l&rsquo;espace yougoslave, est tout \u00e0 fait possible.\u00a0\u00bb<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 171. Citing: \u2018BA\/MA, RH 26-114\/14 Die kommunistische Aufstandsbewegung im Raum des ehemaligen Jugoslawien (30.10.1942)\u2019.) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pour cette raison que :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>En novembre 1942, les partisans ne repr\u00e9sentaient m\u00eame pas une menace s\u00e9rieuse pour le gouvernement de l&rsquo;Oustacha de l&rsquo;\u00c9tat ind\u00e9pendant de Croatie.<\/p>\n<cite>(Tito: and the Rise and Fall of Yugoslavia, Richard West, p. 127) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Fin 1942, une alliance strat\u00e9gique s&rsquo;est en effet consolid\u00e9e entre l&rsquo;Oustase et certains \u00e9l\u00e9ments du mouvement partisan, impliquant des raids de pillage conjoints :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ainsi, la 718e DI et le d\u00e9partement IC [note : IC fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Abwehr, le service de renseignement allemand] du commandant g\u00e9n\u00e9ral rapportent, fin octobre 1942, que dans la r\u00e9gion de Rogatica, les Oustachis et les Partisans ont form\u00e9 une alliance d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, qui a notamment servi \u00e0 mener des raids de pillage conjoints. Le fait que, quelques semaines plus tard (d\u00e9but d\u00e9cembre 1942), une tentative de contact d&rsquo;un haut responsable oustachi avec la direction des partisans \u00e0 Bihac ait \u00e9t\u00e9 prise tr\u00e8s au s\u00e9rieux par ces derniers se traduit par l&rsquo;envoi d&rsquo;un membre du Politburo (Milovan Djilas) en tant que n\u00e9gociateur ; l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un lien n&rsquo;a \u00e9chou\u00e9 qu&rsquo;au moment du d\u00e9clenchement des hostilit\u00e9s qui a contraint Djilas et son compagnon Velebit \u00e0 rebrousser chemin.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 400. Citing: BA\/MA, RH 26-118\/12 KTB-Eintrag vom 20.10.1942; RH 26-118\/41 718.ID. Ic-Lagebericht f\u00fcr die Zeit vom 17.10.- 26.10.1942 (26.10.1942); RH 26-114\/13 Kdr. Gen. u. Bfhls. in Serbien, IcLagebericht f\u00fcr die Zeit vom 19.10.-29.10.1942 (29.10.1942). Survey of Dr. Vladimir Velebit in Zagreb (9. u. 10.5.1998).) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les forces d&rsquo;occupation de l&rsquo;Axe n&rsquo;ont pas non plus tent\u00e9 de combattre l&rsquo;arm\u00e9e de Tito. Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la pr\u00e9sence du groupe de Tito dans certaines villes yougoslaves, l&rsquo;agent du MI6 Richard West a \u00e9crit : \u00ab\u00a0Les forces d&rsquo;occupation de l&rsquo;Axe n&rsquo;ont pas non plus tent\u00e9 de combattre l&rsquo;arm\u00e9e de Tito :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de 1942, leur pr\u00e9sence [c&rsquo;est-\u00e0-dire celle des partisans dirig\u00e9s par le Tito\u00efste] n&rsquo;a pas beaucoup g\u00ean\u00e9 les forces d&rsquo;occupation de l&rsquo;Axe. Lorsque les Italiens se sont install\u00e9s dans la NDH au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et de l&rsquo;automne 1941, ce n&rsquo;\u00e9tait pas pour supprimer les Partisans\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Allemands sont \u00e9galement intervenus pour freiner et parfois pendre les oustachis en Slavonie et dans le Srem, mais ils n&rsquo;ont pas pris les partisans au s\u00e9rieux. Les int\u00e9r\u00eats vitaux d&rsquo;Hitler dans l&rsquo;ex-Yougoslavie sont d&rsquo;abord de prot\u00e9ger la ligne de chemin de fer dans les vall\u00e9es de la Sava et de la Morava, puis d&rsquo;assurer l&rsquo;approvisionnement en minerais strat\u00e9giques tels que le cuivre et le chrome \u00e0 partir des mines, situ\u00e9es pour la plupart en Bosnie. Comme les partisans souhaitaient gagner le pouvoir en Yougoslavie plut\u00f4t que de nuire \u00e0 l&rsquo;effort de guerre de l&rsquo;Axe, ils ont rarement menac\u00e9 l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ces deux int\u00e9r\u00eats allemands.<\/p>\n<cite>(Tito: and the Rise and Fall of Yugoslavia, Richard West, p. 127) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>A la fin du mois de janvier 1943, Tito est en pourparlers secrets avec les chefs de l&rsquo;Ustase. Ce fait est confirm\u00e9 par les archives des services de renseignement italiens cit\u00e9es par Avramov :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Josip Broz lui-m\u00eame, selon ces sources [de renseignement italiennes], entretenait des communications avec certains membres du cabinet de Pavelic. Au moment o\u00f9 le commandement italien de Sibenik informe ses sup\u00e9rieurs de la rencontre entre Broz et le ministre de l&rsquo;Ustasa Rustinovic en 1943, ce dernier a d\u00e9j\u00e0 cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;\u00e9missaire permanent de l&rsquo;\u00c9tat ind\u00e9pendant de Croatie aupr\u00e8s du Saint-Si\u00e8ge, mais il continue d&rsquo;effectuer diverses missions dans le cadre de son ancien r\u00f4le. Dans ce contexte, toute une s\u00e9rie de nouvelles questions se posent, qui m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre \u00e9tudi\u00e9es en profondeur : Josip Broz a-t-il jou\u00e9 un double r\u00f4le ?<\/p>\n<cite>(Genocide in Yugoslavia, Smilja Avramov, p. 232. Citing: AVII \u2013 ANJ, Contatti tra il Ministro croato Rustinov e il Tito, K. 58, Reg. No. 34\/9-1) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il l&rsquo;\u00e9tait assur\u00e9ment, comme l&rsquo;a \u00e9galement confirm\u00e9 la partie allemande. En ce qui concerne janvier 1943 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>la visite d&rsquo;une d\u00e9l\u00e9gation tric\u00e9phale de l&rsquo;Oustacha \u00e0 Livno est confirm\u00e9e par un t\u00e9moin oculaire allemand.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 400) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le citoyen allemand du Reich Franz Leinsch\u00fctz\u00a0\u00bb, dit Schmider en se r\u00e9f\u00e9rant au t\u00e9moin oculaire, \u00ab\u00a0a fait la d\u00e9claration suivante sur le proc\u00e8s-verbal\u00a0\u00bb :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Quand j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 Livno la semaine derni\u00e8re, j&rsquo;ai vu un officier oustachu en uniforme, mais sans armes. Les partisans m&rsquo;ont dit qu&rsquo;il y en avait deux autres ici. Tous les trois, selon les partisans, \u00e9taient venus \u00e0 Livno pour n\u00e9gocier.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 400. Citing: BA\/MA, RH 26-118\/42 718. ID Abt. Ic, Vernehmung (25.1.1943).) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Bien que les communistes pro-sovi\u00e9tiques soient toujours majoritaires au sein du PCY, le massacre de milliers de communistes et de progressistes yougoslaves avait suffisamment affaibli la faction communiste pour faire du PCY une force susceptible de conclure une alliance totale avec les nazis. Par le biais de plusieurs interm\u00e9diaires, dont certains seulement \u00e9taient les fonctionnaires allemands nazis avec lesquels le groupe de Tito s&rsquo;\u00e9tait entretenu, la direction de Berlin recevait des signaux dans ce sens. Il convient de noter que Tito avait d\u00e9clar\u00e9 aux nazis qu'\u00a0\u00bbil \u00e9tait n\u00e9cessaire de parvenir \u00e0 une entente entre l&rsquo;Allemagne et la Russie. Dans le cas contraire, l&rsquo;Angleterre et l&rsquo;Am\u00e9rique risqueraient de redevenir victorieuses, et la victoire de ces r\u00e9gimes signifierait la chute et l&rsquo;asservissement des peuples travailleurs\u00a0\u00bb. Il est presque certain que les communications avec le r\u00e9gime Pavelic en Croatie allaient \u00e9galement dans ce sens. Le groupe de Tito indiquait ainsi aux nazis que le moment \u00e9tait venu d&rsquo;\u00e9lever les relations entre le PCJ et l&rsquo;Axe \u00e0 un nouveau niveau, de faire du PCJ, un parti alors d\u00e9cisivement domin\u00e9 par les agents fascistes, une force qui ne devait plus \u00eatre d\u00e9cim\u00e9e par les nazis, mais qui devait \u00eatre accueillie comme un alli\u00e9 dans la guerre contre les Sovi\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 4 mars 1943, les partisans, dont le potentiel est alors trop faible pour mener un combat s\u00e9rieux contre les nazis, remportent \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale une \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb ostensible sur les Allemands :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il est environ neuf heures lorsque nous atteignons le plateau de Gornji Vakuf, au milieu des feux de camp et du grondement de l&rsquo;artillerie. Nous marchons parmi les soldats qui prennent leur repas autour des feux. Ils nous ont reconnus et nous ont salu\u00e9s avec un s\u00e9rieux d\u00e9contract\u00e9. Les commandants \u00e9taient plus rigides, laconiques et directs dans leurs rapports. Les environs imm\u00e9diats de la zone de combat \u00e9taient tels que je les avais imagin\u00e9s dans les romans et les images. La bataille avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9e, en ce sens que les Allemands avaient \u00e9t\u00e9 clou\u00e9s au sol, assurant ainsi aux bless\u00e9s une retraite r\u00e9ussie.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 225-226) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb du PCJ sur les nazis en mars 1943 est tr\u00e8s suspecte. Le comportement du groupe de Tito apr\u00e8s cette \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb tactique l&rsquo;a fait appara\u00eetre d&rsquo;autant plus comme un cas de collusion. Cela commence par des \u00ab\u00a0\u00e9changes de prisonniers\u00a0\u00bb qui masquent quelque chose de bien plus grave :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Quelques douzaines d&rsquo;Allemands ont \u00e9t\u00e9 captur\u00e9s lors des batailles de Gornji Vakuf, dont un officier de haut rang du nom de Stoecker, un homme de petite taille au port digne. Au cours d&rsquo;une conversation entre Velebit, Rankovic, Tito et moi-m\u00eame, l&rsquo;id\u00e9e est venue d&rsquo;envoyer une lettre aux Allemands par l&rsquo;interm\u00e9diaire du major Stoecker, offrant les Allemands captur\u00e9s en \u00e9change de nos camarades arr\u00eat\u00e9s, d&rsquo;autant plus que les Allemands avaient accept\u00e9 un tel arrangement en 1942. C&rsquo;est Tito qui a d\u00e9velopp\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e &#8211; ou plut\u00f4t qui a imm\u00e9diatement cherch\u00e9 les moyens de la mettre en \u0153uvre. Il r\u00e9unit les membres du Comit\u00e9 central &#8211; Rankovic, Pijade et moi-m\u00eame &#8211; dans son moulin \u00e0 eau au bord de la rivi\u00e8re Rama, et sugg\u00e9ra que nous envoyions une lettre aux Allemands par l&rsquo;interm\u00e9diaire du major Stoecker, proposant, outre un \u00e9change de prisonniers, que les bless\u00e9s et les prisonniers soient trait\u00e9s conform\u00e9ment aux conventions internationales, et exigeant sp\u00e9cifiquement que les Allemands nous reconnaissent en tant que \u00ab\u00a0force bellig\u00e9rante\u00a0\u00bb. Vlatko Velebit, qui \u00e9tait un bon avocat, nous avait d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 en d\u00e9tail les questions relatives \u00e0 la \u00ab\u00a0force bellig\u00e9rante\u00a0\u00bb. La lettre d&rsquo;accompagnement portait le sceau de l&rsquo;\u00e9tat-major supr\u00eame, mais la signature de Terzic, et non celle de Tito. Cependant, il \u00e9tait clair pour les Allemands que l&rsquo;offre avait \u00e9t\u00e9 faite au su et avec l&rsquo;approbation du commandement supr\u00eame : ils savaient que notre mouvement \u00e9tait centralis\u00e9. Nous avons suppos\u00e9 que les Allemands n&rsquo;accepteraient pas facilement notre proposition et nous l&rsquo;avons formul\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 laisser une marge de n\u00e9gociation.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 229) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Un major allemand nazi nomm\u00e9 Stoecker avait facilement \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 par le groupe de Tito &#8211; ou bien plus probablement, comme le comportement du groupe de Tito l&rsquo;a indiqu\u00e9 par la suite, le major allemand nazi \u00e9tait un n\u00e9gociateur allemand sous couverture envoy\u00e9 par les nazis pour communiquer avec le groupe de Tito concernant les d\u00e9tails d&rsquo;une alliance entre le PCY et les nazis, tout cela sous l&rsquo;apparence d&rsquo;un \u00ab\u00a0prisonnier\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0captur\u00e9\u00a0\u00bb par les Partisans au cours d&rsquo;une \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb tactique hautement improbable. Comme le mentionne Djilas dans l&rsquo;extrait ci-dessus, le major Stoecker a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, autoris\u00e9 \u00e0 quitter le camp des partisans et \u00e0 se rendre dans le camp occup\u00e9 par les Allemands pour faire savoir aux autorit\u00e9s de ce dernier que la direction du PCJ avait \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0centralis\u00e9e\u00a0\u00bb sous le r\u00e9gime autoritaire de Tito et que les Allemands devraient commencer \u00e0 traiter le PCJ d&rsquo;une mani\u00e8re beaucoup plus favorable, en tant que \u00ab\u00a0force bellig\u00e9rante\u00a0\u00bb respect\u00e9e conform\u00e9ment \u00e0 la Convention de La Haye. La bande de Tito a envoy\u00e9 un message aux Allemands, qui ont r\u00e9pondu positivement :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Nous avons re\u00e7u une r\u00e9ponse des Allemands dans les deux ou trois jours suivants : le message indiquant que nous pouvions imm\u00e9diatement envoyer nos n\u00e9gociateurs \u00e9tait sign\u00e9 par un officier et scell\u00e9 d&rsquo;un aigle. Le jour de la r\u00e9ponse allemande, le 9 mars 1943, une autre r\u00e9union s&rsquo;est tenue, \u00e0 laquelle seuls Tito, Rankovic et moi-m\u00eame avons assist\u00e9, afin de d\u00e9signer une d\u00e9l\u00e9gation et d&rsquo;\u00e9laborer une tactique pour faire face \u00e0 une hypoth\u00e9tique offre allemande.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 230) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L&rsquo;objectif de ces pourparlers entre les Allemands et les partisans n&rsquo;\u00e9tait pas du tout un \u00e9change de prisonniers mais plut\u00f4t l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une alliance entre un PCJ dict\u00e9 par Tito et l&rsquo;Axe. Tito a d\u00e9cid\u00e9 de consolider sa propre alliance avec les nazis en r\u00e9duisant le conflit entre les troupes partisanes et l&rsquo;arm\u00e9e du Troisi\u00e8me Reich :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>C&rsquo;est dans les premiers jours de mars, dans un moulin sur la rivi\u00e8re Rama, que Tito con\u00e7oit le stratag\u00e8me le plus audacieux et le plus controvers\u00e9 de sa longue carri\u00e8re. Il d\u00e9cide de conclure une tr\u00eave, voire une alliance avec les Allemands.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la bataille de Gornji Vakuf, dans les premiers jours de mars, les Partisans capturent un certain nombre d&rsquo;Allemands, dont le major Stoecker. Se souvenant que l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, ils avaient utilis\u00e9 le civil allemand Hans Ott pour obtenir la lib\u00e9ration de certains de leurs prisonniers, Rankovic, Djilas et d&rsquo;autres sugg\u00e8rent \u00e0 Tito de rouvrir les pourparlers. A premi\u00e8re vue, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une simple offre de livrer certains Allemands, dont Stoecker, en \u00e9change de certains communistes d\u00e9tenus dans les ge\u00f4les de la NDH, dont la concubine de Tito, Herta Hass, avec qui il avait eu un enfant peu de temps avant l&rsquo;invasion de l&rsquo;Axe. Les Partisans souhaitaient \u00e9galement \u00eatre reconnus comme une force bellig\u00e9rante afin de garantir le traitement ad\u00e9quat des bless\u00e9s et des prisonniers.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, Tito voulait bien plus que cela. Son besoin le plus pressant \u00e9tait de briser les forces tchetniks qui lui barraient la route sur la Neretva, puis de poursuivre sa route \u00e0 travers l&rsquo;est de la Bosnie-Herz\u00e9govine jusqu&rsquo;\u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 relative du Mont\u00e9n\u00e9gro et du Sandjak. Son objectif \u00e0 long terme \u00e9tait de parvenir \u00e0 un accord avec les Allemands en vertu duquel, en \u00e9change de la cessation des attaques contre leurs forces et leurs lignes de communication, les Partisans auraient carte blanche pour d\u00e9truire les Tchetniks dans l&rsquo;est de la Yougoslavie. Tito est \u00e9galement dispos\u00e9 \u00e0 discuter avec les Allemands d&rsquo;une action militaire commune contre le d\u00e9barquement britannique attendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Tito autorise le major Stoecker \u00e0 envoyer une lettre \u00e0 travers les lignes pour proposer des pourparlers sur l&rsquo;\u00e9change de prisonniers. Une r\u00e9ponse arrive deux jours plus tard, indiquant l&rsquo;heure et le lieu de r\u00e9ception d&rsquo;une mission de partisans.<\/p>\n<cite>(Tito: and the Rise and Fall of Yugoslavia, Richard West, pp. 148-149. Bold added.) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L'\u00a0\u00bbarrestation\u00a0\u00bb de Herta Haas (ou Hass) par les nazis \u00e9tait \u00e9galement extr\u00eamement suspecte et semble avoir eu le m\u00eame caract\u00e8re que l'\u00a0\u00bbarrestation\u00a0\u00bb de Stoecker par le groupe de Tito. Rappelons que :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ivan Srebrnjak (Antonov), agent du renseignement militaire sovi\u00e9tique, \u2026 a attir\u00e9 l&rsquo;attention de l&rsquo;IKKI sur l&rsquo;idylle que Walter entretenait \u00e0 Moscou avec une certaine Elsa, membre du parti communiste allemand, soup\u00e7onn\u00e9e de travailler pour la Gestapo. Il affirme \u00e9galement que la jeune femme qui apportait la correspondance du parti de Yougoslavie \u00e0 Paris et en revenait (manifestement Herta Haas) \u00e9tait elle aussi une espionne de la Gestapo. Pour toutes ces raisons, Srebrnjak estime que Walter doit s&rsquo;expliquer, souligner sa ressemblance avec Gorkic et inviter l&rsquo;IKKI \u00e0 dissoudre le CPY.<\/p>\n<cite>(Tito and His Comrades, Joze Pirjevec, 2015, p. 38) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En substance, le plan de Tito consistait \u00e0 \u00ab\u00a0donner\u00a0\u00bb aux Allemands des r\u00e9gions telles que la Serbie, le Mont\u00e9n\u00e9gro et une partie du Kosovo. Il s&rsquo;agissait de zones strat\u00e9giques que les Allemands pourraient certainement utiliser comme base de lancement pour des contre-offensives contre l&rsquo;Arm\u00e9e rouge. De nombreuses parties de ces territoires \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 sous contr\u00f4le allemand. Cependant, la bande de Tito allait \u00ab\u00a0donner\u00a0\u00bb ces territoires en ne se battant pas pour eux, du moins pour l&rsquo;instant. En \u00ab\u00a0\u00e9change\u00a0\u00bb, l&rsquo;agent de la Gestapo Tito et sa clique d\u00e9tourneraient les patriotes yougoslaves pour qu&rsquo;ils se battent \u00e0 mort contre les Tchetniks yougoslaves dans la r\u00e9gion moins strat\u00e9gique du Sandzak. En donnant ces territoires aux nazis et en combattant les Tchetniks, le groupe de Tito servait l&rsquo;agenda nazi tout en n&rsquo;obtenant rien de favorable aux forces antifascistes en retour.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1943, le MI6 avait r\u00e9orient\u00e9 son r\u00e9seau d&rsquo;alliances vers un partenariat avec les nazis. Il en r\u00e9sulte naturellement un partenariat strat\u00e9gique entre le contingent du mouvement tchetnik soutenu par le MI6 et les nazis. Les Tchetniks sont ainsi devenus une force g\u00e9n\u00e9ralement collaboratrice de l&rsquo;Axe. N\u00e9anmoins, le soutien sovi\u00e9tique aux Tchetniks a permis \u00e0 Moscou de renforcer la position des forces progressistes du mouvement tchetnik. Par cons\u00e9quent, tous les Tchetniks n&rsquo;\u00e9taient pas r\u00e9actionnaires ou collaborateurs de l&rsquo;Axe. Apr\u00e8s tout, c&rsquo;est la raison pour laquelle, d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;exp\u00e9rience personnelle de Djilas lors des n\u00e9gociations de mars :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les officiers allemands parlent avec m\u00e9pris des Tchetniks\u2026.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 235) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>M\u00eame si les Tchetniks \u00e9taient si profond\u00e9ment nazis qu&rsquo;ils m\u00e9ritaient une guerre totale, la strat\u00e9gie poursuivie par les bandes de terreur de Tito \u00e9tait r\u00e9actionnaire et favorable au fascisme. Le Comintern a soulign\u00e9 que les partis communistes devaient inviter ces faux mouvements de droite \u00ab\u00a0antifascistes\u00a0\u00bb soutenus par le MI6 \u00e0 coop\u00e9rer contre les nazis. L&rsquo;objectif \u00e9tait que (1) si elles, les fausses organisations non communistes \u00ab\u00a0antifascistes\u00a0\u00bb, acceptent de coop\u00e9rer, les communistes disposent d&rsquo;un canal pour les surveiller et s&rsquo;assurer que ces partis de droite luttent r\u00e9ellement contre les nazis, et (2) si elles refusent de coop\u00e9rer avec les communistes contre les occupants fascistes, elles ne font que s&rsquo;exposer, et (3) si elles refusent de coop\u00e9rer avec les communistes contre les occupants fascistes, elles ne font que s&rsquo;exposer, (3) s&rsquo;ils trahissent leur accord de coop\u00e9ration avec les communistes, ces derniers peuvent alors utiliser la capacit\u00e9 de surveillance qu&rsquo;ils ont acquise gr\u00e2ce \u00e0 un accord de coop\u00e9ration pour d\u00e9noncer le collaborationnisme fasciste des mouvements de droite soutenus par le MI6. Dans ce contexte, la poursuite par Tito de la politique de guerre men\u00e9e depuis des ann\u00e9es contre les Tchetniks plut\u00f4t que contre les nazis aurait gravement nui au mouvement antifasciste. En outre, \u00ab\u00a0donner\u00a0\u00bb aux nazis les r\u00e9gions les plus strat\u00e9giques de la Yougoslavie \u00e9tait une grande trahison.<\/p>\n\n\n\n<p>La formation d&rsquo;une alliance militaire avec les nazis contre les \u00e9l\u00e9ments progressistes soutenus par les Sovi\u00e9tiques parmi les Tchetniks constitue non seulement une guerre par procuration pour le nazisme contre le socialisme sovi\u00e9tique, mais aussi une aide aux nazis pour maintenir et \u00e9tendre leur pr\u00e9sence physique en Yougoslavie. Le fait d&rsquo;aider les nazis \u00e0 conserver et \u00e0 accro\u00eetre le nombre de leurs bases militaires et de renseignement en Yougoslavie constitue \u00e0 son tour une forme d&rsquo;espionnage pour les nazis. Il ne fait aucun doute que l&rsquo;expression \u00ab\u00a0espions nazis\u00a0\u00bb est une description g\u00e9n\u00e9reuse de Tito et de sa bande de terroristes.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dans ce contexte que s&rsquo;inscrivent les propos suivants de Djilas dans ses m\u00e9moires :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La tactique \u00e0 suivre lors des n\u00e9gociations ne pouvait \u00eatre formul\u00e9e que de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, d&rsquo;autant plus que Tito n&rsquo;entrait pas dans des situations et des strat\u00e9gies hypoth\u00e9tiques. Les Allemands ne devaient pas savoir que notre principal objectif \u00e9tait de p\u00e9n\u00e9trer en Serbie, ni que nous avions l&rsquo;intention d&rsquo;occuper le nord du Mont\u00e9n\u00e9gro, le Sandzak, certaines parties du Kosovo et le sud de la Serbie. Nous \u00e9tions conscients de la sensibilit\u00e9 allemande \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Serbie en tant que r\u00e9gion centrale des Balkans avec une population fortement anti-allemande et un sens de l&rsquo;identit\u00e9 nationale. Mais nous devions leur offrir quelque chose de convaincant : Le Sandzak \u00e9tait le territoire le plus sacrifiable, le plus pauvre et le plus arri\u00e9r\u00e9, tandis que les Tchetniks \u00e9taient un de nos ennemis que les Allemands redoutaient \u00e9galement &#8211; bien qu&rsquo;ils ne se soient pas battus l&rsquo;un contre l&rsquo;autre depuis un certain temps, mais au contraire collaboraient, comme sur la Neretva. En r\u00e9sum\u00e9, nous devions d\u00e9signer le Sandzak comme le futur territoire des Partisans, et les Tchetniks comme notre principal ennemi. (\u2026). Il n&rsquo;y avait pas un mot sur l&rsquo;arr\u00eat des combats entre les Allemands et nous, mais cela aussi \u00e9tait compris.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 231) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Djilas, tout en admettant de nombreux faits, d\u00e9forme \u00e9galement l&rsquo;image dans l&rsquo;extrait ci-dessus. En effet, contrairement \u00e0 la remarque de Djilas dans ses m\u00e9moires, la d\u00e9l\u00e9gation yougoslave tito\u00efste a promis, dans son accord \u00e9crit avec les nazis, de ne pas les combattre et de se concentrer sur les Tchetniks, qui \u00e9taient ses principaux ennemis. Vous trouverez ci-dessous la transcription compl\u00e8te de l&rsquo;accord, traduite de l&rsquo;allemand :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Gornji Vakuf, 11 mars 1943.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9sentation \u00e9crite de propositions par la d\u00e9l\u00e9gation de l&rsquo;Arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration de la Yougoslavie, autoris\u00e9e par le haut commandement de cette arm\u00e9e, sur la base de la lettre du major Barth dat\u00e9e du 10 mars 1943.<\/p>\n\n\n\n<p>1) Le 2 janvier, M. Leinschutz a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 Mostar pour mettre un terme \u00e0 la question des \u00e9changes de prisonniers de guerre qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e lors d&rsquo;entretiens ant\u00e9rieurs avec des membres de la Wehrmacht allemande. Il devait \u00eatre de retour pour le 1er f\u00e9vrier 1943, mais n&rsquo;a pas encore donn\u00e9 de nouvelles. Nous pensons que les \u00e9changes de prisonniers devraient se terminer plus t\u00f4t. L&rsquo;\u00e9change des prisonniers suivants peut \u00eatre envisag\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>a. Les prisonniers allemands de souche de Jajce et l&rsquo;\u00e9quipage de l&rsquo;avion croate qui a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par M. Leinschutz.<\/p>\n\n\n\n<p>b. Le major Strecker, pour lequel nous demandons l&rsquo;\u00e9change du professeur Ivan Marinkovic de Karlovac. Il se trouve lui-m\u00eame dans la prison de la police \u00e0 Zagreb.<\/p>\n\n\n\n<p>c. 25 soldats allemands captur\u00e9s lors des combats de Sitnica.<\/p>\n\n\n\n<p>d. Environ 100 officiers, sous-officiers [allemand : Unteroffizier ; abr\u00e9g\u00e9 : Uffz.] et fonctionnaires de la Wehrmacht croate et de l&rsquo;\u00c9tat croate.<\/p>\n\n\n\n<p>e. 15 officiers italiens.<\/p>\n\n\n\n<p>f. Environ 500 soldats et sous-officiers italiens.<\/p>\n\n\n\n<p>2) Nous pensons que le commandement des forces arm\u00e9es allemandes vis-\u00e0-vis de l&rsquo;ALP yougoslave \u00e0 cet \u00e9gard garantit pleinement que les r\u00e8gles sont strictement respect\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>3) Le commandement de l&rsquo;APL yougoslave est d&rsquo;avis que :<\/p>\n\n\n\n<p>a. Que dans la situation actuelle, il n&rsquo;y a aucune raison pour que la guerre de la Wehrmacht allemande contre l&rsquo;APL yougoslave soit dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des parties. Toutefois, il serait dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des deux parties de mettre fin \u00e0 cette d\u00e9licatesse. Dans ce contexte, le commandement allemand et cette d\u00e9l\u00e9gation devaient pr\u00e9senter leurs propositions concernant une zone possible et l&rsquo;orientation des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques ou autres.<\/p>\n\n\n\n<p>b. L&rsquo;APL yougoslave consid\u00e8re les Tchetniks comme son principal ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p>4) Pendant toute la dur\u00e9e des sous-accumulations apr\u00e8s toutes ces fonctions, nous avons mis fin aux actes de guerre des troupes allemandes et des troupes de l&rsquo;APL yougoslave auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p>5) Cette d\u00e9l\u00e9gation est autoris\u00e9e \u00e0 conclure des n\u00e9gociations pr\u00e9liminaires, tandis qu&rsquo;un \u00e9ventuel accord d\u00e9finitif doit \u00eatre confirm\u00e9 par notre haut commandement. Cette d\u00e9l\u00e9gation s&rsquo;est empress\u00e9e de souligner qu&rsquo;elle devait \u00eatre ferm\u00e9e par les postes de commandement sup\u00e9rieurs et a demand\u00e9 au commandement allemand d&rsquo;approuver les n\u00e9gociateurs autoris\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>(Gornji Vakuf, 11 mars 1943)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"514\" height=\"748\" src=\"https:\/\/sovinform.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Gestapo-Agent-Tito-Alliance-Nazi-Wehrmacht_files.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-31\" srcset=\"https:\/\/sovinform.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Gestapo-Agent-Tito-Alliance-Nazi-Wehrmacht_files.jpg 514w, https:\/\/sovinform.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Gestapo-Agent-Tito-Alliance-Nazi-Wehrmacht_files-206x300.jpg 206w\" sizes=\"auto, (max-width: 514px) 100vw, 514px\" \/><\/figure>\n<cite>Une photo de l&rsquo;accord secret entre Tito et sa bande avec les Allemands nazis en mars 1943.<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Koca Popovic, Vladimir Velebit et Milovan Djilas \u00e9taient les trois repr\u00e9sentants du PCJ lors de ces n\u00e9gociations de mars 1943. Cependant, seul Popovic a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 son vrai nom au cours des n\u00e9gociations :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tito consid\u00e9rait l&rsquo;affaire comme si d\u00e9licate et importante qu&rsquo;il proposa de me nommer membre du Politburo au sein de la d\u00e9l\u00e9gation. Personne n&rsquo;a soulev\u00e9 d&rsquo;objection et je n&rsquo;ai pas h\u00e9sit\u00e9. Je connaissais suffisamment l&rsquo;allemand pour suivre une conversation et me d\u00e9brouiller d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre. Apr\u00e8s tout, nous n&rsquo;avions pas l&rsquo;intention de discuter de Goethe et de Kant. Tito estimait \u00e9galement qu&rsquo;un commandant sup\u00e9rieur devait partir ; Koca Popovic fut d\u00e9sign\u00e9 ; il connaissait assez bien l&rsquo;allemand. La participation de Vlatko Velebit \u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme acquise ; il avait fait preuve d&rsquo;habilet\u00e9 dans la gestion de l&rsquo;\u00e9change avec les Allemands \u00e0 Livno, et il connaissait si bien l&rsquo;allemand &#8211; il l&rsquo;avait \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Vienne &#8211; que les Allemands pensaient qu&rsquo;il \u00e9tait viennois.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 230) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Nous avions convenu que seul Koca Popovic donnerait son vrai nom : comme il s&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme le commandant de la premi\u00e8re division, cela n&rsquo;avait pas de sens de le cacher, et les Allemands le connaissaient probablement par les prisonniers. Velebit a chang\u00e9 son nom de famille en Petrovic, par crainte de repr\u00e9sailles contre sa famille, tandis que j&rsquo;ai pris un nom commun, celui d&rsquo;un h\u00e9ros mont\u00e9n\u00e9grin d&rsquo;autrefois : Markovic. J&rsquo;\u00e9tais un personnage trop important pour me d\u00e9voiler, et un prisonnier trop tentant pour la Gestapo, au cas o\u00f9 les Allemands reviendraient sur leur accord. Plus tard, lorsque Velebit et moi sommes all\u00e9s \u00e0 Zagreb pour n\u00e9gocier, j&rsquo;ai permis \u00e0 Velebit de donner son vrai nom et de rendre visite \u00e0 sa famille. Les Allemands de Gornji Vakuf nous ont photographi\u00e9s par surprise, mais je me suis couvert le visage.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 234) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Selon toute vraisemblance, la raison pour laquelle le groupe Djilas a refus\u00e9 de divulguer ses noms \u00e9tait de pr\u00e9server le secret vis-\u00e0-vis d&rsquo;\u00e9ventuels espions sovi\u00e9tiques au sein de la Wehrmacht nazie. Apr\u00e8s tout, les nazis connaissaient parfaitement l&rsquo;identit\u00e9 de Djilas :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>les officiers allemands de Gornji Vakuf n&rsquo;\u00e9taient pas dupes de notre discr\u00e9tion. Lorsque je leur ai dit que j&rsquo;\u00e9tais le quartier-ma\u00eetre d&rsquo;une division, le grossier major a fait remarquer avec ironie : \u00ab\u00a0Celui-ci est leur commissaire !\u00a0\u00bb Le matin du 14 mars, les deux officiers ont souhait\u00e9 \u00e0 Koca un joyeux anniversaire avec des expressions cordialement ironiques. Koca ne s&rsquo;est pas laiss\u00e9 d\u00e9contenancer, il les a remerci\u00e9s et a ajout\u00e9 : \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait assez facile pour vous de le d\u00e9couvrir : la police de Belgrade a un dossier sur moi depuis longtemps.\u00a0\u00bb<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 235) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Quelques jours plus tard, raconte Walter Roberts, le 17 mars, le ministre allemand \u00e0 Zagreb, Kasche, envoya un t\u00e9l\u00e9gramme \u00e0 Berlin dans lequel, faisant clairement r\u00e9f\u00e9rence aux pourparlers germano-partisans, il notait cette possibilit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>que Tito et ses partisans cesseront de lutter contre l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Italie et la Croatie et se retireront dans le Sandzak pour r\u00e9gler les probl\u00e8mes avec les Cetniks de Mihailovic.<\/p>\n<cite>(\u2018Tito, Mihailovi\u00c4\u2021, and the Allies, 1941-1945\u2019, Walter R. Roberts, p. 109) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Kasche a ajout\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Dans ces circonstances, il est possible que Tito tourne d\u00e9monstrativement le dos \u00e0 Moscou\u2026.. Les souhaits des partisans sont les suivants : Combattre les Tchetniks dans le Sand\u00c5\u00beak, puis retourner dans leurs villages et pacifier les r\u00e9gions croates et serbes ; retourner les partisans dans leurs villages apr\u00e8s les avoir d\u00e9sarm\u00e9s ; ne pas ex\u00e9cuter les chefs partisans de notre part\u2026 Je suis d&rsquo;avis que cette possibilit\u00e9 devrait \u00eatre poursuivie car la s\u00e9cession de l&rsquo;ennemi de cette force de combat tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e dans l&rsquo;opinion mondiale serait tr\u00e8s importante. En fait, les partisans de Tito ne sont pas, dans leur ensemble, des communistes\u2026. Je me r\u00e9f\u00e8re aux rapports \u00e9crits pr\u00e9c\u00e9dents ainsi qu&rsquo;\u00e0 ma conversation avec le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat von Weizsacker. Demande d&rsquo;instructions. Lors de mes entretiens avec Casertano [ministre italien \u00e0 Zagreb] et Lorkovi\u00c4\u2021 [ministre croate des Affaires \u00e9trang\u00e8res], j&rsquo;ai constat\u00e9 que le d\u00e9veloppement susmentionn\u00e9 serait trait\u00e9 de mani\u00e8re positive.<\/p>\n<cite>(\u00ab\u00a0Tito, Mihailovi\u00c4\u2021, and the Allies, 1941-1945\u00a0\u00bb, Walter R. Roberts, p. 109) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En effet, Tito avait d\u00e9j\u00e0 tourn\u00e9 le dos \u00e0 Moscou depuis longtemps. L&rsquo;agent nazi n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 un ami de l&rsquo;URSS en premier lieu ; de tels accords avec les nazis n&rsquo;\u00e9taient pas non plus particuli\u00e8rement nouveaux pour lui, compte tenu de son pass\u00e9 de collaboration avec le Troisi\u00e8me Reich en tant qu&rsquo;agent. En fait, les agents de la Gestapo Tito et Djilas \u00e9taient tr\u00e8s confiants quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de poignarder l&rsquo;URSS :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ni moi ni les autres membres du Comit\u00e9 central [qui \u00e9taient au courant de ces accords] n&rsquo;avons eu le moindre remords de conscience en pensant qu&rsquo;en n\u00e9gociant avec les Allemands, nous aurions pu trahir les Sovi\u00e9tiques, l&rsquo;internationalisme ou nos objectifs ultimes.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 244) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Nous \u00e9tions d&rsquo;accord sur le d\u00e9roulement des n\u00e9gociations, m\u00eame si Tito \u00e9tait le moins sceptique de tous. J&rsquo;ai pos\u00e9 la question suivante : \u00ab\u00a0Que vont dire les Russes ?<\/p>\n\n\n\n<p>Tito m&rsquo;a r\u00e9pondu presque en col\u00e8re &#8211; en col\u00e8re contre les Russes, pas contre moi &#8211; \u00ab\u00a0Eh bien, eux aussi pensent d&rsquo;abord \u00e0 leur propre peuple et \u00e0 leur propre arm\u00e9e !\u00a0\u00bb (\u2026). J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s heureux de la r\u00e9action de Tito : oui, il \u00e9tait clair pour moi que nous commencions \u00e0 diverger avec les Sovi\u00e9tiques sur une question tr\u00e8s sensible &#8211; la plus sensible de toutes &#8211; et qui \u00e9tait vitale pour nous. Si l&rsquo;on m&rsquo;avait demand\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque si cette divergence avec les Sovi\u00e9tiques \u00e9tait en accord avec notre id\u00e9ologie, j&rsquo;aurais r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Eh bien, notre lutte est aussi une contribution \u00e0 l&rsquo;enseignement marxiste-l\u00e9niniste\u00a0\u00bb. En d&rsquo;autres termes, tant que la vie s&rsquo;inscrit dans l&rsquo;id\u00e9ologie &#8211; tant que l&rsquo;id\u00e9ologie rend possible une orientation productive &#8211; l&rsquo;id\u00e9ologie est vivante.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 231) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ici aussi, on peut observer le foss\u00e9 grandissant entre la clique fasciste de Tito et Moscou. Staline, comme l&rsquo;a implicitement admis l&rsquo;\u00e9minent militaire et agent de renseignement am\u00e9ricain Franklin Lindsay, aurait fortement d\u00e9sapprouv\u00e9 tout accord de ce type entre la bande de Tito et les Allemands nazis. \u00c0 ce sujet, Lindsay a \u00e9crit :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>si [Staline] avait eu connaissance de ce dernier [c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;accord entre Tito\u00efstes et nazis], il l&rsquo;aurait consid\u00e9r\u00e9 comme une haute trahison.<\/p>\n<cite>(Beacons in the Night: With the OSS and Tito\u2019s Partisans in Yugoslavia, Franklin Lindsay, p. 334) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Comme l&rsquo;a soulign\u00e9 Djilas lui-m\u00eame :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les n\u00e9gociations se sont d\u00e9roul\u00e9es dans le plus grand secret. Il n&rsquo;y a pas eu de divergences entre les principaux dirigeants\u2026.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 244) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les dirigeants sovi\u00e9tiques avaient tr\u00e8s certainement une id\u00e9e de la nature des n\u00e9gociations entre la bande terroriste de Tito et les nazis, m\u00eame s&rsquo;ils n&rsquo;en connaissaient pas n\u00e9cessairement tous les d\u00e9tails. Il convient de rappeler que les services de renseignement sovi\u00e9tiques consid\u00e9raient Tito et son groupe comme tr\u00e8s suspects depuis les ann\u00e9es 1930 et que, lorsqu&rsquo;ils ont eu l&rsquo;occasion de traquer Elsa, la petite amie de Tito, ils l&rsquo;ont ex\u00e9cut\u00e9e pendant la Grande Purge sous l&rsquo;accusation d&rsquo;espionnage pour le compte de la Gestapo.<\/p>\n\n\n\n<p>Moscou a exprim\u00e9 ses soup\u00e7ons sur la trahison de la collaboration entre Tito et les nazis en demandant le 9 mars, deux jours avant la signature de l&rsquo;accord, si la clique de Tito allait trahir \u00ab\u00a0l&rsquo;Europe asservie\u00a0\u00bb en cessant \u00ab\u00a0la lutte contre le pire ennemi de l&rsquo;humanit\u00e9\u00a0\u00bb :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>D&rsquo;ailleurs, Tito a d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u la r\u00e9ponse de Moscou. En m\u00eame temps que la lettre aux Allemands, une d\u00e9p\u00eache avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e \u00e0 Moscou qui ne mentionnait qu&rsquo;un \u00e9change de prisonniers. Mais cette fois-ci, Moscou a fait preuve de rapidit\u00e9 et de discernement, et nous avons re\u00e7u une r\u00e9ponse imm\u00e9diate et furieuse, fid\u00e8le \u00e0 son style : Est-il possible que vous, qui avez \u00e9t\u00e9 un exemple pour toute l&rsquo;Europe asservie, vous qui avez fait preuve jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent d&rsquo;un tel h\u00e9ro\u00efsme, cessiez la lutte contre le pire ennemi de l&rsquo;humanit\u00e9 et de votre peuple ?<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 232) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de mentionner le fait que la phrase \u00ab\u00a0vous qui avez \u00e9t\u00e9 un exemple pour toute l&rsquo;Europe asservie &#8211; vous qui avez jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent fait preuve d&rsquo;un tel h\u00e9ro\u00efsme\u00a0\u00bb dans la d\u00e9claration de Moscou \u00e0 la bande de la Gestapo de Tito n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une rh\u00e9torique diplomatique \u00e0 laquelle les Sovi\u00e9tiques eux-m\u00eames ne croyaient pas. Apr\u00e8s tout, les Sovi\u00e9tiques consid\u00e9raient Tito comme un agent nazi bien avant 1943.<\/p>\n\n\n\n<p>La bande de Tito a \u00e9galement promis aux Allemands que les partisans combattraient les Britanniques s&rsquo;ils d\u00e9barquaient en Yougoslavie :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Nous n&rsquo;avons pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 d\u00e9clarer que nous combattrons les Britanniques s&rsquo;ils d\u00e9barquent.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 243) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Une fois encore, en 1943, avec la victoire sovi\u00e9tique lors de la bataille de Stalingrad, la balance avait pench\u00e9 en faveur des Sovi\u00e9tiques et, par cons\u00e9quent, la politique du MI6 consistant \u00e0 saigner les Sovi\u00e9tiques et les nazis impliquait que le MI6 s&rsquo;allie avec les nazis &#8211; et avec la bande de Tito. Par cons\u00e9quent, la bande de Tito ne tiendrait pas sa promesse de frapper les forces imp\u00e9riales britanniques, et ses ma\u00eetres espions allemands ne voudraient pas qu&rsquo;elle tienne sa promesse. Ce n&rsquo;\u00e9tait donc qu&rsquo;une question de temps avant que le MI6 ne commence \u00e0 fournir aux agents du Troisi\u00e8me Reich &#8211; dans le cas de la Yougoslavie, \u00e0 l&rsquo;agent de la Gestapo de la clique de Tito &#8211; toutes sortes d&rsquo;assistance afin de soutenir la clique de Tito contre les Sovi\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Djilas retourne \u00e0 la base des partisans plus tard en mars :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>J&rsquo;ai trouv\u00e9 Tito et l&rsquo;\u00e9tat-major supr\u00eame dans un village non loin de Kalinovik. J&rsquo;ai fait mon rapport \u00e0 Tito, mais il n&rsquo;a pas sembl\u00e9 aussi int\u00e9ress\u00e9 qu&rsquo;auparavant : les Allemands avaient en fait d\u00e9j\u00e0 arr\u00eat\u00e9 leur offensive, tandis que nos unit\u00e9s avaient remport\u00e9 une victoire difficile sur les Tchetniks de Pavle Djurisic et p\u00e9n\u00e9traient en Herz\u00e9govine en direction du Mont\u00e9n\u00e9gro et du Sandzak.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 244) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour de plus amples n\u00e9gociations :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Velebit et Djilas sont repass\u00e9s par les lignes allemandes et ont \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s par un avion militaire allemand de Sarajevo \u00e0 Zagreb le 25 mars 1943.<\/p>\n<cite>(\u2018Tito, Mihailovi\u00c4\u2021, and the Allies, 1941-1945\u2019, Walter R. Roberts, p. 109) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est pas surprenant que les Allemands aient autoris\u00e9 leurs propres agents, Velebit et Djilas, qui servaient leur principal agent Tito, \u00e0 traverser les lignes allemandes \u00e0 bord d&rsquo;avions allemands. Djilas retourne \u00e0 la base des partisans, mais il est accueilli avec le scepticisme du h\u00e9ros de la Yougoslavie et principal combattant communiste yougoslave pour la libert\u00e9, le g\u00e9n\u00e9ral Sava Kovacevic, qui met en garde Djilas et Tito contre toute collaboration avec l&rsquo;ennemi nazi :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Sava \u00e9tait affal\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;un feu, en train de d\u00eener. Il me dit, \u2026 soudain, avec un sourire narquois, il ajoute : \u00ab\u00a0Ne va pas faire la paix entre nous et les Allemands !\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me suis senti pris au pi\u00e8ge et d\u00e9sorient\u00e9, mais j&rsquo;ai pris l&rsquo;offensive : \u00ab\u00a0Ne fais pas le malin ! Tu n&rsquo;as pas confiance dans le Comit\u00e9 central ? Il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00e9change de prisonniers. Et pour prot\u00e9ger les bless\u00e9s de la mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai confiance en eux !\u00a0\u00bb dit Sava, \u00ab\u00a0mais l&rsquo;arm\u00e9e vient \u00e0 peine de commencer \u00e0 lutter contre les Allemands. Ce sont nos pires ennemis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, pp. 238-239) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La faction Tito-Djilas avait de s\u00e9rieux diff\u00e9rends avec Sava Kovacevic. Comme le lecteur s&rsquo;en souvient peut-\u00eatre, les Sovi\u00e9tiques estimaient que les pertes de la bataille de Sutjeska, au cours de laquelle le g\u00e9n\u00e9ral Kovacevic avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par les nazis, \u00e9taient le r\u00e9sultat d&rsquo;un sabotage tactique en faveur des nazis par le commandement du parti \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb yougoslave. En tout \u00e9tat de cause, en s&rsquo;alliant \u00e0 la Wehrmacht nazie, la bande de Tito a in\u00e9vitablement contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;assassinat de son ennemi communiste yougoslave, Kovacevic, et de celui de la Wehrmacht.<\/p>\n\n\n\n<p>De retour \u00e0 la position de Tito dans la base de partisans, Djilas est accueilli par un Tito \u00ab\u00a0combl\u00e9\u00a0\u00bb qui affirme que les Allemands ont conserv\u00e9 \u00ab\u00a0l&rsquo;esprit de chevalerie\u00a0\u00bb \u00e9tant donn\u00e9 le bon traitement qu&rsquo;ils ont r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 Djilas :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tito et l&rsquo;\u00e9tat-major supr\u00eame se trouvaient l\u00e0-haut, pr\u00e8s d&rsquo;une falaise, au fin fond de la for\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p>Tito \u00e9tait ravi de me voir. (\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Et comment les Allemands t&rsquo;ont-ils trait\u00e9 ? demanda Tito.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Correctement, tr\u00e8s correctement.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Oui, il semble que l&rsquo;arm\u00e9e allemande ait conserv\u00e9 quelque chose de l&rsquo;esprit chevaleresque\u00a0\u00bb, commente Tito.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai racont\u00e9 \u00e0 Tito et aux autres mes impressions et mes exp\u00e9riences, et j&rsquo;ai parl\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;apr\u00e8s-midi, lorsque Tito a d\u00fb se rendre \u00e0 Glavatitevo et que j&rsquo;ai d\u00fb retourner \u00e0 Bijela, pour attendre des nouvelles de Velebit.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 240) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, l&rsquo;accord avec les nazis n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un \u00e9change de prisonniers. En r\u00e9alit\u00e9, il ne s&rsquo;agissait pas du tout d&rsquo;un \u00e9change de prisonniers. La bande de Tito a unilat\u00e9ralement lib\u00e9r\u00e9 le major Stoecker, non pas en \u00e9change de quelque chose de la part des nazis, mais en guise de bonne volont\u00e9. Les autres prisonniers avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper. Comme le dit Djilas dans l&rsquo;exception suivante, \u00ab\u00a0il n&rsquo;y avait plus\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0prisonniers\u00a0\u00bb, et il \u00e9tait illogique de dire que les partisans pouvaient renvoyer ces \u00ab\u00a0prisonniers\u00a0\u00bb aux nazis parce que ces \u00ab\u00a0prisonniers\u00a0\u00bb n&rsquo;avaient pas vraiment \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0rassembl\u00e9s\u00a0\u00bb au d\u00e9part. Djilas a \u00e9crit :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tito et l&rsquo;\u00e9tat-major supr\u00eame se trouvaient l\u00e0-haut, pr\u00e8s d&rsquo;une falaise, au c\u0153ur de la for\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p>(\u2026). J&rsquo;\u00e9tais convaincu que la lib\u00e9ration par nous du major Stoecker et des autres prisonniers serait consid\u00e9r\u00e9e comme un gage de bonne volont\u00e9, et Tito l&rsquo;approuva imm\u00e9diatement. Nous avons envoy\u00e9 le major Stoecker et mon escorte \u00e0 Konjic dans les vingt-quatre heures qui ont suivi. Quant \u00e0 la douzaine de prisonniers restants &#8211; il n&rsquo;y en avait plus &#8211; nous ne pouvions pas encore les envoyer parce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9s.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 240) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le fait que ces \u00ab\u00a0prisonniers\u00a0\u00bb n&rsquo;aient pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement rassembl\u00e9s ne laisse aucun doute sur le fait que les fonctionnaires allemands nazis \u00ab\u00a0captur\u00e9s\u00a0\u00bb lors de l&rsquo;invraisemblable \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb tactique des Partisans sur les Nazis n&rsquo;\u00e9taient pas r\u00e9ellement des captifs. Le fait que Tito ait renvoy\u00e9 le major Stoecker en tant qu&rsquo;interm\u00e9diaire pour des n\u00e9gociations d&rsquo;alliance montre plut\u00f4t que ces \u00ab\u00a0captifs\u00a0\u00bb \u00e9taient une d\u00e9l\u00e9gation de n\u00e9gociateurs et d&rsquo;espions envoy\u00e9s par le commandement nazi pour s&rsquo;enqu\u00e9rir des conditions du parti \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb yougoslave et pour \u00eatre ensuite renvoy\u00e9s par le groupe de Tito afin d&rsquo;informer les autorit\u00e9s nazies de la susceptibilit\u00e9 du PCY, dict\u00e9 par Tito, \u00e0 un partenariat strat\u00e9gique avec l&rsquo;Axe. Le faux \u00ab\u00a0\u00e9change\u00a0\u00bb de faux \u00ab\u00a0prisonniers\u00a0\u00bb n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une couverture pour des contacts de renseignement avec les nazis.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 31 mars, Kasche confirme \u00e0 Ribbentrop que :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>la fiabilit\u00e9 des promesses de Tito a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e.<\/p>\n<cite>(\u2018Tito, Mihailovi\u00c4\u2021, and the Allies, 1941-1945\u2019, Walter R. Roberts, p. 110) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En effet, Tito avait strictement ordonn\u00e9 \u00e0 ses troupes de ne pas combattre les Allemands et, comme par le pass\u00e9, il a pu \u00ab\u00a0s&rsquo;\u00e9chapper\u00a0\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 un accord avec la Gestapo :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les archives yougoslaves montrent que Tito a \u00e9crit au commandant de la 6e brigade bosniaque pour lui dire de continuer \u00e0 attaquer les Tchetniks mais d&rsquo;\u00e9viter de combattre les Allemands sur le chemin du Sandjak. Des ordres similaires, r\u00e9dig\u00e9s en partie en espagnol, sont envoy\u00e9s au 1er corps bosniaque et \u00e0 la 1\u00e8re brigade prol\u00e9tarienne. Le g\u00e9n\u00e9ral Glaise von Horstenau a personnellement permis \u00e0 Velebit de remettre une lettre de Tito aux partisans de Slavonie. Il semble que von Horstenau et les officiers de renseignement allemands locaux aient favoris\u00e9 un accord avec les partisans\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre-temps, la 2e division prol\u00e9tarienne avait remport\u00e9 une victoire \u00e9crasante sur les Tchetniks et, au d\u00e9but du mois d&rsquo;avril, les partisans se tenaient sur les rives de la Drina, se pr\u00e9parant \u00e0 traverser vers le Sandjak, le Mont\u00e9n\u00e9gro et, comme ils l&rsquo;imaginaient, la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La fuite de Tito \u00e0 travers la Neretva, salu\u00e9e comme un triomphe de la tactique et de l&rsquo;audace, a en r\u00e9alit\u00e9 \u00e9t\u00e9 rendue possible par un accord avec les Allemands.<\/p>\n<cite>(Tito: and the Rise and Fall of Yugoslavia, Richard West, p. 152) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Par ces l\u00e2ches \u00ab\u00a0\u00e9vasions\u00a0\u00bb, les nazis faisaient intentionnellement de lui un h\u00e9ros. Le 17 novembre 1943, Velebit a propos\u00e9 aux nazis de reconna\u00eetre les unit\u00e9s de partisans de Yougoslavie comme un bellig\u00e9rant l\u00e9gitime et l\u00e9gal \u00e0 respecter selon la Convention de La Haye :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L&rsquo;id\u00e9e de cette \u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb semble avoir \u00e9t\u00e9 si m\u00fbre jusqu&rsquo;au jour de l&rsquo;\u00e9change des prisonniers (17 novembre) que l&rsquo;un des n\u00e9gociateurs partisans, l&rsquo;avocat d&rsquo;Agramer, le Dr Vladimir Velebit, a saisi cette occasion pour proposer officiellement \u00e0 la partie allemande la reconnaissance de l&rsquo;Arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration en tant que puissance bellig\u00e9rante l\u00e9gale et le respect mutuel de la Convention de La Haye sur les guerres terrestres.<\/p>\n<cite>(PARTISANENKRIEG IN JUGOSLAWIEN 1941-1944, Verlag E.S. Mittler &amp; Sohn GmbH, Klaus Schmider, p. 171. Citing: BA\/MA, RH 26-114\/14 Die kommunistische Aufstandsbewegung im Raum des ehemaligen Jugoslawien (30.10.1942). Pour l&rsquo;interview de Velebit, l&rsquo;auteur cite : Enqu\u00eate du Dr. Vladimir Velebit \u00e0 Zagreb (9. u. 10.5.1998).) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Habituellement, appeler les forces ennemies \u00e0 reconna\u00eetre ses propres forces comme l\u00e9gitimes est une politique correcte, \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;elle constitue une victoire de la propagande contre l&rsquo;ennemi. Cependant, je n&rsquo;ai pas besoin de mentionner que dans ce cas, et \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;histoire de l&rsquo;espionnage et du sabotage par la bande de Tito pour le compte de l&rsquo;Axe, cette mesure de Velebit peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un autre exemple de la mani\u00e8re dont la bande de Tito visait \u00e0 conserver les faveurs des forces fascistes. En mars 1943, Tito envoie Velebit en Croatie pour emp\u00eacher les partisans d&rsquo;engager le combat contre les Allemands nazis. Cependant, la direction du parti communiste croate soup\u00e7onne Velebit d&rsquo;\u00eatre un agent infiltr\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tito approuve imm\u00e9diatement le retour de Velebit \u00e0 Zagreb et met fin aux op\u00e9rations des partisans slaves, en particulier sur la voie ferr\u00e9e Zagreb-Belgrade. Velebit s&rsquo;acquitte de cette mission, ce qui lui prend pas mal de temps. Il a \u00e9galement ramen\u00e9 Herta. Il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il avait eu des probl\u00e8mes en Slavonie : les partisans le soup\u00e7onnaient d&rsquo;\u00eatre un provocateur, et le commandement supr\u00eame en Croatie a d\u00fb intervenir.<\/p>\n<cite>(Wartime, Milovan Djilas, 1977, p. 244) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Rappelons que les Sovi\u00e9tiques avaient accus\u00e9 Velebit d&rsquo;\u00eatre un espion nazi de haut niveau. Le minist\u00e8re sovi\u00e9tique des affaires \u00e9trang\u00e8res avait d\u00e9clar\u00e9<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>En [1941], le coll\u00e8gue de Tito, Velebit, d\u00e9nonce les membres du comit\u00e9 central du parti communiste croate qui se r\u00e9unissent dans sa villa.<\/p>\n<cite>(Tito-Rankovic Clique Has Established Fascist Regime in Yugoslavia, A. Kalinin, April 14, 1950. In: Information Bulletin, Soviet Union. Posol\u00ca\u00b9stvo (U.S.), p. 221) (IMG{Titoist Yugoslavia})<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Sous le commandement de Tito, agent de la Gestapo exsangue, de nombreux communistes et patriotes yougoslaves ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s sur les lignes de front de la guerre antifasciste. Il \u00e9tait n\u00e9cessaire pour la bande de Tito d&rsquo;augmenter le nombre de ses troupes, afin de para\u00eetre \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0puissante\u00a0\u00bb, et d&rsquo;infiltrer des milliers de nazis pour qu&rsquo;ils deviennent membres du Parti communiste yougoslave ou de l&rsquo;arm\u00e9e, afin de transformer les fascistes du PCY en une puissante minorit\u00e9, voire en une majorit\u00e9, contribuant \u00e0 faire pencher l&rsquo;\u00e9quilibre \u00ab\u00a0d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb du pouvoir au sein du Parti et de l&rsquo;arm\u00e9e en faveur de la faction de Tito contre les communistes et les combattants de la libert\u00e9 d\u00e9mocratiques. Pour les troupes nazies, face \u00e0 l&rsquo;avanc\u00e9e des troupes de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge, il \u00e9tait important qu&rsquo;elles rejoignent l&rsquo;arm\u00e9e yougoslave de Tito afin de se pr\u00e9senter comme des \u00ab\u00a0antifascistes\u00a0\u00bb et de se prot\u00e9ger des purges de l&rsquo;URSS et des d\u00e9mocraties populaires. Ce dernier point aurait \u00e0 son tour donn\u00e9 aux Britanniques l&rsquo;excuse de financer et d&rsquo;armer secr\u00e8tement les nazis sous le couvert d&rsquo;un travail \u00ab\u00a0antifasciste\u00a0\u00bb. La combinaison de tous ces facteurs s&rsquo;est traduite par le fait que :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>2 000 membres de la division SS Handzar rejoignent les Partisans et forment la \u00ab\u00a0Seizi\u00e8me Brigade musulmane\u00a0\u00bb de Tito en septembre 1943.<\/p>\n<cite>(The War in Bosnia, 1992-1995: Analyzing Military Asymmetries and Failures, Naval Postgraduate School, Monterey, California, Thesis Advisor: David Yost Co-Advisor: Donald Abenheim, Thesis Author: Gheorghe Anghel, June 2000, pp. 18-19) (IMG)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L&rsquo;autorisation donn\u00e9e par le groupe Tito \u00e0 des milliers d&rsquo;agents Handzar SS Nazi-Ustase d&rsquo;infiltrer le PCJ, et donc d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 des documents internes du PCJ, constitue une forme d&rsquo;espionnage pour les nazis.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a id=\"wp-block-file--media-5ab68a20-6b50-4460-8a5a-172fec4238be\" href=\"blob:https:\/\/sovinform.fr\/d85877f6-55c1-4715-b36c-d0954feb4045\">Sources :<\/a><a href=\"blob:https:\/\/sovinform.fr\/d85877f6-55c1-4715-b36c-d0954feb4045\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-5ab68a20-6b50-4460-8a5a-172fec4238be\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans ses m\u00e9moires, Milovan Djilas \u00ab\u00a0accuse\u00a0\u00bb Tito et lui-m\u00eame d&rsquo;alliance avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Avec la complicit\u00e9 de l&rsquo;Axe, le groupe de Tito fait de fausses \u00ab\u00a0\u00e9vasions\u00a0\u00bb du champ de bataille, laissant mourir les communistes yougoslaves. Sous le couvert d&rsquo;un \u00ab\u00a0\u00e9change de prisonniers\u00a0\u00bb, le groupe de Tito n\u00e9gocie avec succ\u00e8s une alliance militaire avec la Wehrmacht nazie, re\u00e7oit des fonds de l&rsquo;arm\u00e9e allemande et int\u00e8gre 2 000 SS de Handzar dans l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 du parti \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb yougoslave. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/2024\/05\/24\/c12s1-1942-le-groupe-de-tito-conclut-un-pacte-dalliance-militaire-directe-avec-la-wehrmacht-nazie\/\">Lire plus &#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":29,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[2,3],"class_list":["post-28","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorised","tag-tito","tag-yougoslavie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=28"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":33,"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28\/revisions\/33"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=28"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=28"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sovinform.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=28"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}